Le soir en sortant du bureau, c'est souvent Queens Of The Stone Age ou RATM, toutafond. Ça peut également être One Day As A Lion. Ou Lanegan et son jouissif Bubblegum. Bref, pas d'Elliott Smith, pas de Shins ni d'Albert Hammond Jr et sa légendaire touffe de cheveux, ou encore de Beck, malgré toute la sympathie (doux euphémisme) que j'ai pour son dernier alboum.
Pourtant, en rentrant ce soir, j'ai eu une soudaine envie de Bon Iver.
Bon Iver, recommandé il n'y a pas si longtemps sur un forum où je traîne mes guêtres depuis quelques années désormais. Du style: "Ecoutez For Emma, Forever Ago, saytop". La pochette m'a intriguée. Et puis hier soir, entre deux morceaux de Justin Sullivan, j'ai été fureter sur Gougueule, trouvé cette fameuse galette. Je l'ai écoutée, vite fait. Sans plus. En me disant que c'était sympatoche.
Bon Iver, le nom de plume de Justin Vernon, celui qui s'est isolé dans une cabane au fond des bois pour écrire et enregistrer ce sombre alboum, dans le Wisconsin. Après sa rupture avec une certaine Emma. Le scénario que l'on imagine dès les toutes premières notes du morceau d'ouverture.
Ce soir, le contexte a peut-être (sûrement?) aidé. Entre chien et loup, dans un RER vide ou presque. J'en ai profité pour monter un peu le volume. Et savourer. Flume. For Emma. Les souvenirs de ma première écoute des Shins me sont mêmes revenus. C'est ça, Bon Iver: un mini Elliott Smith, un concentré de BO de Garden State, d'Iron & Wine, d'Idaho, de Zero 7. Un Frusciante des grands soirs (époque barbe et cheveux longs, gniii, mais je m'égare). En plus contrôlé. En plus lisse. Peut-être trop, même. Le Bon Iver en live ne chante jamais faux, du peu que j'ai pu en voir. Tout le contraire de feu Elliott, ou du sombre lutin Frusciante. Tout ce qui fait pourtant leur charme. Passons.
For Emma, Forever Ago, c'est un disque de folk cotonneux, une sucrerie à savourer le soir en buvant une tisane, ou le dimanche, tard dans la matinée, pour profiter des derniers instants sous la couette encore chaude. Un alboum bien trop court. Qui n'a même pas d'âge. Qui a ce petit arrière-goût d'années 60, de nostalgie, de mélancolie, de photos dont les couleurs sont devenues fades. C'est le souvenir d'une voix cristalline, souvent portée par quelques guitares, mais toujours dans une ambiance épurée, où le joyeux Justin nous pleure sa délicieuse (comme on l'imagine) et regrettée Emma.
Peut-être que For Emma, Forever Ago ne tournera que quelques jours dans mon casque. Peut-être qu'il vieillira mal. Peut-être que mes paroles sont un peu trop hâtives pour la si mauvaise primo-auditrice que je suis. Un peu comme celle qui dit déjà je t'aime à un garçon qu'elle connaît depuis deux heures à peine.
Wait & see.
Pour en revenir aux morceaux, j'avoue mon faible pour le magnifique trio Creature Fear, Flum et For Emma.
Allez, soyons fous, voici Flume version Take Away Show:
Dernier argument de poids: Yann et Popy adorent. Cette situation étant totalement inédite, je ne ferai qu'enjoindre tous les lecteurs de cette note, et dieu sait s'ils sont nombreux (ah ah), de filer écouter ce merveilleux alboum.
Autrement plus classieux.
Chassez le naturel, etc.
Ainsi va la brochure: "Au large, il existe cette île, source de mille lumières plus flamboyantes les unes que les autres. Des rayons arc en ciel de lumière enchantrice et salvatrice en émanent. Son aura est douce et apaisante. Son rayonnement à la fois source de plaisir et de séduction. Lorsque l'on embarque pour l'île, on embarque les yeux fermés et le coeur ouvert. Sur la frêle embarcation qui y mène, on se sent aussi fort que Jack Dawson sur la proue du Titanic. Le vent dans les cheveux, le soleil sur le visage, la ligne d'horizon loin à l'infini paisiblement calée derrière la jonction entre le ciel bleu azur et la mer bleue turquoise. L''île attire toutes les âmes. Sans préférence, sans distinction. Tous les rêves et toutes les vies y sont permis. Il est même conseillé d'explorer, de vivre, de rêver, d'imaginer à loisirs. Cette île recèle des trésors de promesses et d'espoirs. Plus qu'il n'en faut pour toute une vie." Alors, on se laisse porter, et dans le creux de son coeur, puis dans le creux de sa tête, puis dans son corps tout entier, on se laisse prendre au jeu de la brochure, et on rêve, on imagine, on formule des attentes sans même s'en rendre compte. Puis ces attentes grandissent toutes seules, nourries par l'optimisme débordant du voyage vers l'île. La seule chose que la brochure ne mentionne pas, c'est le doux nom de l'île vers laquelle on vogue le coeur léger et plein d'attentes: L'Ile de la Déception. (Forcément, ce n'est dit qu'en caractères de taille 4, en quatrième de couverture.) Alors une fois arrivé sur l'île, c'est là qu'on revient sur terre. - Le café que l'on fait n'est jamais aussi bien dosé que celui que l'on pensait boire. - Les journées que l'on passe ne sont jamais celles que l'on avait programmées. - Les gâteaux que l'on enfourne ne ressemblent en rien à ceux que l'on avait imaginés avec la recette. - Les nuits ne sont jamais aussi reposantes que celles que l'on avait espérées. - Les chaussures que l'on porte jamais aussi confortables que celles qu'on avait rêvées pour nos pieds. - Les relations humaines jamais aussi belles que celles que l'on avait fabriquées dans notre petit coeur. C'est pourquoi, moi, j'ai renoncé officiellement à m'embarquer pour un nouveau voyage vers l'île de la déception: ne pas se formuler d'attentes est la meilleure voie possible pour ne pas être déçue.... "Prendre ce qui vient ", Confucius l'a dit bien avant moi.... Y'a plus qu'à;)
Découvert sur le sampler téléchargeable du label Full Time Hobby, les White Denim sorte aujourdh'ui leur premier single, "Shake Shake Shake", issu de leur premier album "Workout Holiday". Le single sort en édition limité avec un titre inédit "All Truckers Roll". Le vidéo clip a été dirigé par Tom Haines, connu pour ses clips de Tunng notamment. Site / Myspace
Dans La Belle Personne, il y a de très beaux titres de Nick Drake et aussi une chanson composée par Alex Beaupain et chantée par Grégoire Leprince Ringuet. Son titre : Comme la pluie.
Il se trouve sur ce double cd
J'aime beaucoup ce titre, le voici en écoute :
Avec La Bastille, on retrouve un peu la même ligne mélodique...
Il ne vous en faudra pas plus pour tomber sous le charme de ce quintet (une fille, quatre garçons) de Copenhague : The Elephants. On connaissait l'éléphant d'Afrique et l'éléphant asiatique, on savait également que la plupart des espèces d'éléphantidés étaient éteintes, ceux là, danois, sont loin d'être en voie d'extinction !!!
Leur premier album est sorti en février dernier, mais seulement ces jours-ci dans le pays du camembert au lait cru et des droits de l'homme où l'on attends toujours des réponses dans " l'affaire de l'IUMM "!!!
Bjarke Bendtsen - vocals, guitar
Martine Madsen - guitar, vocals, lapsteel, violin, woodblocks, drums
Mads Ringblom - harmonica, perc., ukulele, piano, keyboards, banjo, saxophone
Kim Vestergaard - drums, horn
Tomas Raae - bass, vocals, perc.